Boké, vendredi 30 janvier 2026 — Le Tribunal de première instance de Boké a procédé, ce vendredi, à l’ouverture solennelle de sa session criminelle, au cours d’une audience présidée par M. Lamine Konaté, assisté de M. Seydou Doumbouya. Très attendue par les populations de la région, cette session s’inscrit dans une dynamique de lutte renforcée contre l’impunité et de consolidation de l’État de droit.
Dans son discours d’ouverture, le Procureur de la République près le Tribunal de première instance de Boké, M. Amadou Diallo, a salué la forte mobilisation des autorités administratives et judiciaires, notamment le Président du tribunal, le Gouverneur de la région administrative de Boké, le Préfet de Boké, les commandants des unités d’enquêtes et d’interventions, ainsi que les magistrats, greffiers, collaborateurs et invités de marque.
Placée cette année sous le thème de la fermeté, cette session criminelle ambitionne, selon le Procureur de la République, de « tourner complètement le dos à l’impunité dans la région de Boké ». Il a souligné l’importance des audiences publiques, qui permettent aussi bien aux forces de défense et de sécurité de constater l’aboutissement judiciaire des procédures engagées, qu’aux citoyens de mieux comprendre le traitement réservé aux affaires criminelles ayant marqué l’actualité locale.
Pour cette première activité de l’agenda annuel du parquet, quinze dossiers criminels ont été inscrits au rôle, impliquant seize accusés poursuivis pour des infractions graves, notamment assassinat, meurtre, viol, association de malfaiteurs, vol à main armée et enlèvement d’enfant.
Une seconde session est prévue pour la clôture de cette plénière, laquelle débouchera, conformément à la loi, sur des acquittements ou des condamnations, à l’issue des débats contradictoires.
Au-delà des audiences criminelles, le Procureur de la République a annoncé un programme d’activités élargi. La troisième initiative consistera en une journée de concertation réunissant les officiers de police judiciaire, la société civile, les populations, les autorités administratives, religieuses et coutumières, ainsi que les avocats. Les échanges porteront notamment sur la garde à vue, les enquêtes préliminaires, de flagrance et officieuses.
La quatrième activité sera consacrée à une journée portes-ouvertes au Tribunal de première instance de Boké. Elle visera à informer et sensibiliser les citoyens sur le fonctionnement de la justice, à travers les principales langues nationales (Baga, Nalou, Landouma, Soussou, Malinké, Pular, Guerzé, Toma, Kissi, entre autres), avec l’appui des médias locaux, notamment la radio rurale de Boké.
Enfin, la cinquième activité portera sur la convocation des sociétés minières opérant dans la région, afin d’échanger sur les infractions environnementales, un enjeu majeur dans cette zone à forte activité extractive.
Clôturant son allocution, M. Amadou Diallo a appelé l’ensemble des acteurs concernés à accompagner le bon déroulement de ces activités, rappelant que « la justice est rendue au nom du peuple de Guinée et pour le peuple de Guinée ».
Cette session criminelle s’annonce ainsi comme un temps fort de la vie judiciaire de Boké, porteur d’espoir pour les justiciables et symbole de la volonté des autorités judiciaires de renforcer la confiance entre la justice et les citoyens.


