Le passage de Monsieur Yaya Kaïraba KABA au poste de Garde des Sceaux, Ministre de la Justice et des Droits de l’Homme, de mars 2024 à janvier 2026, restera comme une séquence marquante de la Transition guinéenne. Dans un contexte institutionnel sensible, marqué par la refondation de l’État et l’adoption d’une nouvelle Constitution, son action s’est inscrite sous le sceau de la réforme, du dialogue et du renforcement de l’État de droit.
Dès sa prise de fonction, le ministre a affiché une ambition claire : restaurer la crédibilité de l’institution judiciaire et repositionner la justice comme pilier central de la gouvernance démocratique. Son discours comme ses actes ont constamment mis en avant l’égalité des citoyens devant la loi, la prévisibilité de la norme juridique et l’indépendance de la magistrature.
Le magistère de Yaya Kaïraba KABA est marqué par l’engagement de réformes juridiques et institutionnelles majeures. Parmi celles-ci figure la relecture et l’actualisation de textes fondamentaux, notamment le projet de loi portant statut des magistrats, composé de 160 articles, visant à encadrer rigoureusement la carrière judiciaire, du recrutement à l’exercice de la fonction.
Ces initiatives avaient pour objectif de professionnaliser davantage les acteurs judiciaires, de sécuriser leurs parcours et de renforcer la confiance des citoyens dans l’institution judiciaire. Parallèlement, le fonctionnement des juridictions et le rôle des institutions clés, comme le Conseil supérieur de la magistrature, ont été renforcés dans le respect des principes d’impartialité et de transparence.
Sous son leadership, le Ministère de la Justice a bénéficié d’un renforcement notable des moyens logistiques. Le cabinet du ministre, les chefs de juridictions et de parquets ont été dotés en véhicules de service, tandis que plus de 30 agents ont reçu des motos, facilitant les missions de terrain et améliorant l’efficacité administrative. Il faut également noter la dotation de 25 établissements pénitentiaires en fourgonnettes pour le transport des détenus.
Sur le plan infrastructurel, plusieurs chantiers structurants ont été lancés ou accélérés. La rénovation de la Chancellerie est en cours, traduisant la volonté de moderniser l’administration centrale. Dans le secteur pénitentiaire, la réception de la Maison d’arrêt et de correction de Macenta et la pose de la première pierre de la prison moderne de Yorokoguiah constituent des avancées majeures dans la politique d’humanisation du système carcéral.
Le ministère a également amorcé des réformes innovantes, notamment le projet d’instauration du bracelet électronique, destiné à offrir des alternatives crédibles à la détention classique et à contribuer au désengorgement des établissements pénitentiaires.
Dans un registre hautement symbolique, la confection du Sceau national et la célébration de la première édition des Journées nationales des Symboles de l’Etat en Guinée ont renforcé l’autorité, la solennité et la culture institutionnelle de la Justice.
Le passage de Yaya Kaïraba KABA est également marqué par des avancées significatives en matière de justice. L’indemnisation des victimes des événements du 28 septembre 2009 a constitué une étape historique dans le processus de réparation et de reconnaissance des préjudices subis.
Dans la même dynamique, l’ouverture du procès additionnel relatif à ces événements a illustré la volonté de lutter contre l’impunité et de consolider la confiance des citoyens dans la Justice.
Sur le plan international, la conduite du passage de la Guinée à l’Examen Périodique Universel (EPU) a permis de réaffirmer l’engagement du pays en faveur de la promotion et de la protection des droits humains.
Autre marqueur fort de son mandat : la culture du dialogue et de la concertation. Magistrats, greffiers, avocats, notaires, huissiers et commissaires-priseurs ont été régulièrement associés aux réformes engagées, contribuant à apaiser les tensions sociales et à renforcer la cohésion au sein de la famille judiciaire.
Parallèlement, une attention particulière a été accordée à la modernisation de la communication institutionnelle, avec une meilleure information du public et une valorisation accrue des actions du ministère, notamment à travers les outils numériques.
Si des défis subsistent, notamment en matière de conditions de travail et de performance administrative, le bilan 2024–2026 du Ministère de la Justice et des Droits de l’Homme sous Yaya Kaïraba KABA apparaît comme celui d’un réformateur engagé, ayant posé les bases d’une justice plus professionnel, plus humaine et plus crédible.


