CONAKRY, a
lors que l’année 2025 s’achève, le bilan environnemental de la Guinée présente un visage contrasté. Si le pays subit toujours une déforestation alarmante, les nouvelles politiques de reboisement et l’essor des crédits carbones marquent un tournant dans la gestion du patrimoine forestier national.
Selon les dernières données de l’année 2025, la Guinée a perdu entre 30 % et 40 % de son couvert forestier depuis le début du millénaire. Les causes de cette érosion restent structurelles : l’agriculture itinérante sur brûlis, l’exploitation minière (notamment en Basse et Haute-Guinée) et la coupe illégale de bois. En 2024, on estimait encore à 230 000 hectares la perte de forêt naturelle à l’échelle nationale.
Malgré ces chiffres, une lueur d’espoir apparaît : le système de surveillance Global Forest Watch a rapporté un nombre d’alertes incendies “anormalement bas” en 2025 par rapport à la décennie précédente, suggérant une meilleure maîtrise des feux de brousse, historiquement le plus grand fléau des savanes guinéennes.
Face à l’urgence, le Ministère de l’Environnement et du Développement Durable (MEDD) a lancé une campagne de reboisement massive en juillet 2025. Cette année s’est distinguée par deux approches innovantes :
- Le rôle des femmes : Le programme “Femmes Pro-Forêts” a mobilisé des milliers d’actrices rurales, notamment à Kouroussa et autour du Parc National du Moyen Bafing, créant plus de 1 000 emplois verts liés à la restauration des sols.
- La restauration des mangroves : À Forécariah, près de 200 hectares de mangroves ont été reboisés. Ce projet pilote vise non seulement à protéger les côtes mais aussi à intégrer la Guinée sur le marché international des crédits carbone.
L’année 2025 marque également une prise de conscience sur la valeur économique de la forêt. Le gouvernement insiste désormais sur le fait que la forêt guinéenne n’est pas qu’une ressource en bois, mais un “réservoir de crédits carbone” capable de générer des revenus durables pour les communautés locales.
Cependant, des experts comme l’ingénieur Pépé Guilavogui soulignent un défi technique : la nécessité de privilégier les espèces endémiques (comme le Fromager ou le Baobab) plutôt que des espèces exotiques, afin de garantir la résilience des écosystèmes face au changement climatique.
Pour stopper l’hémorragie, les autorités ont maintenu en 2025 des mesures strictes, telles que l’arrêt temporaire de la coupe de bois et l’interdiction de l’exploitation forestière dans les zones classées. Bien que jugées “salutaires mais insuffisantes” par certains observateurs, ces décisions montrent une volonté politique de rompre avec les pratiques du passé.
L’enjeu de 2026 : Passer de la restauration symbolique à une gestion systémique. Le défi reste immense : transformer chaque plant mis en terre en 2025 en une forêt pérenne capable de réguler le climat de la région.


