La Chambre des appels de la Cour de répression des infractions économiques et financières (CRIEF) a surpris l’auditoire ce jeudi 22 janvier 2026. En l’espace d’une heure seulement, la cour a clôturé les débats dans le dossier opposant l’État guinéen à l’ancien ministre de la Défense, renvoyant la cause à la semaine prochaine pour la phase ultime de la procédure.
Après une longue période de léthargie marquée par des reports successifs, l’affaire Dr Mohamed Diané a franchi une étape décisive. L’audience de ce jour, initialement prévue pour l’examen des motifs d’appel et l’interrogatoire au fond, s’est muée en un exercice de célérité procédurale.
Le juge Daye Mara, siégeant en appel, a procédé à l’audition des parties sur les griefs soulevés contre le jugement de première instance. À la barre, l’ancien dignitaire, sobrement vêtu d’un boubou blanc, a maintenu sa ligne de défense. Interrogé sur son patrimoine, il a formellement contesté les charges d’enrichissement illicite, affirmant avec insistance ne détenir « aucun bien immobilier à Conakry ».
Contre toute attente, la Cour a estimé que les débats étaient suffisamment éclairés. En vertu de son pouvoir de direction, le président de la Chambre a prononcé la clôture des débats. En conséquence, l’affaire a été renvoyée au 29 janvier 2026.
Cette date marquera l’ouverture de la phase terminale du procès :
- Les plaidoiries : Où la défense tentera d’infirmer le premier jugement en plaidant l’infirmation de la peine ou la relaxe.
- Les réquisitions : Où le Ministère Public (représenté par le Procureur Spécial) demandera la confirmation ou l’aggravation des peines initiales au nom de la société.
- La partie civile : L’État guinéen réitérera ses demandes de réparation pour le préjudice subi.
Pour mémoire, le Dr Mohamed Diané conteste un arrêt rendu le 18 décembre 2024. Le juge de première instance l’avait déclaré coupable de :
- Détournement de deniers publics ;
- Enrichissement illicite ;
- Blanchiment de capitaux.
La sentence alors prononcée était particulièrement lourde : cinq ans d’emprisonnement ferme, une amende de 5 milliards GNF, et une condamnation solidaire au paiement de 500 milliards GNF à titre de dommages et intérêts, sans oublier la confiscation de l’ensemble de ses biens au profit de l’État.
Le dénouement de cette saga judiciaire, scrutée de près par l’opinion nationale et internationale, semble désormais imminent. Rendez-vous est pris le 29 janvier pour connaître le sort réservé à l’un des piliers du pouvoir d’Alpha Condé.


